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Minorités sexuelles et de genre dans les soins et services en Estrie : analyse écosystémique du stress et de la résilience

Quels sont les facteurs de stress et de résilience vécus par des personnes de minorités sexuelles et de genre en Estrie dans les soins et services ainsi que dans d’autres sphères de leur vie?
3 août 2026

L’article « Minorités sexuelles et de genre dans les soins et services en Estrie : analyse écosystémique du stress et de la résilience » a été publié en 2026 dans la revue Érudit.

Julie Christine Cotton*1, Sophie Parent*2, Sandy Nadeau*3, Christine Loignon*4 et Mathé-Manuel Daigneault *5.

  1. Département des sciences de la santé communautaire, Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke
  2. Université Laval
  3. Université de Sherbrooke
  4. Laboratoire de recherche inclusif de l’Université de Sherbrooke

Cotton, J.-C., Parent, S., Nadeau, S., Loignon, C. et Daigneault, M.-M. (2026). Minorités sexuelles et de genre dans les soins et services en Estrie : analyse écosystémique du stress et de la résilience. Revue de psychoéducation, 55(1), 47-71. https://doi.org/10.7202/1125125ar

Contexte

Les personnes de minorités sexuelles et de genre (MSG) sont surreprésentées dans certains problèmes de santé mentale et physique, tout en faisant face à des inégalités d’accès aux soins et aux services, particulièrement en région. Cette étude visait à identifier les facteurs de stress et de résilience vécus par des personnes de MSG en Estrie, dans les soins et services ainsi que dans d’autres sphères de leur vie.

Méthode

L’étude s’appuie sur les données qualitatives d’une enquête provinciale menée au Québec (Cotton et al., 2021). Dix-neuf personnes de minorités sexuelles et/ ou de genre, âgées de 16 à 65 ans et résidant en Estrie, ont participé à quatre groupes de discussion en ligne. Les verbatims ont été analysés selon une approche thématique déductive, à partir du modèle du stress minoritaire et du modèle écosystémique.

Résultats

Les résultats montrent la présence de stresseurs à plusieurs niveaux systémiques. Dans les soins et services, les personnes participantes rapportent notamment des obstacles à l’accès, un manque de reconnaissance de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, des expériences de discrimination et le fardeau de devoir parfois éduquer les personnes professionnelles.

Ces stresseurs s’inscrivent aussi dans d’autres milieux de vie, comme la famille, l’école, le travail et le contexte sociopolitique. Leur accumulation peut contribuer à l’anticipation d’expériences négatives, à la dissimulation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, à l’isolement et à la détresse psychologique.

Les facteurs de résilience identifiés relèvent surtout des réseaux de proximité, notamment les personnes avec qui on se lie d’amitié, certains membres de la famille, les organismes communautaires 2SLGBTQIA+ et des personnes alliées dans les milieux scolaires ou de services, révélant un manque de soutien formel et systémique. 

Conclusion

Cette étude souligne l’importance de comprendre la résilience des personnes de MSG dans une perspective écologique et collective. Les résultats invitent à ne pas faire reposer l’adaptation uniquement sur les personnes concernées ou leurs proches, mais à soutenir des transformations structurelles dans les pratiques professionnelles, les organisations et les services.

  • Équité, diversité, inclusion, accessibilité, sexe et genre plus