Virage vers un leadership partagé entre le réseau de la santé, les municipalités et la population

Par Myra Drolet, conseillère communication, Unité de soutien SSA Québec | Inspiré par le webinaire du 25 mai 2026 de la série Expériences du midi
Dans le réseau de la santé, une idée s’impose de plus en plus clairement : tenter de transformer notre « système de problèmes de santé » en un « système de santé ». Autrement dit: fabriquer de la santé, fabriquer du bien-être et réduire les inégalités.
Heureuse nouvelle: le virage est amorcé et des actions concertées sont en cours dans la région de Lanaudière grâce à un leadership partagé entre le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), les villes, les citoyennes et citoyens, les organismes, les écoles, les CLSC et plusieurs autres acteurs. Voici quelques exemples:
- Une formation « devenir des citoyennes et citoyens bienveillants » est offerte à la population
- Des coiffeuses contribuent au repérage de personnes en détresse ou en contexte d’isolement
- Des clubs de marche s’organisent
- Des cours de premiers secours sont offerts aux élèves du secondaire
Passer d’un système de soins à un système de santé
Philippe Éthier, directeur Général, CISSS de Lanaudière, et Marylène Ricard, ajointe au PDG adjoint à l’accès, à la pertinence et aux trajectoires de soins du même CISSS, expliquent que cette démarche repose sur le fait que le système de santé n’influence qu’une partie des déterminants de la santé. Le reste repose sur les conditions de vie, l’environnement, les relations sociales et les habitudes.
L’ambition est donc claire : arrêter de seulement traiter les problèmes pour cultiver la santé. Comment? Voici quelques pistes.
Partager le leadership
Le réseau de la santé n’est pas la seule référence. La solution passe par un leadership partagé. Des tables locales regroupent municipalités, établissements, organismes, écoles et citoyennes et citoyens. Ils prennent des décisions ensemble.
Travailler autrement
Les priorités viennent du terrain, et non de l’organisation. Chaque communauté construit ses solutions à son rythme.
Le no wrong door populationnel
Selon le concept du « pas de mauvaise porte », peu importe par où une personne entre dans le système – organisme, école, municipalité – celle-ci trouve une écoute et un accompagnement.
Des solutions issues des communautés
On forme les commerçantes et commerçants à repérer l’isolement, on offre des cours de premiers soins aux jeunes à l’école, on adapte les espaces publics pour favoriser les interactions : voilà des actions simples, mais puissantes.
Créer un filet social solide
Un réseau qui regroupe des membres de la population, des partenaires et des professionnelles et professionnels permet de repérer rapidement les vulnérabilités et d’accompagner les personnes.
Mesurer autrement le succès
Dans Lanaudière, grâce au leadership partagé entre le réseau de la santé et des services sociaux, les municipalités et la population, on observe une amélioration de l’accès aux services, de la satisfaction et des trajectoires, mais surtout la capacité de rejoindre des personnes qui ne demandaient pas d’aide.
Changer la culture
Le modèle de leadership partagé entre le réseau de la santé, les villes et la population transforme la gouvernance, en passant d’une logique hiérarchique à une approche collaborative centrée sur l’utilisation que font les citoyennes et citoyens du territoire et la représentation qu’ils en ont.
Une approche appelée à grandir
Chaque région doit adapter l’approche, mais son succès repose sur des ingrédients clés : la confiance, le leadership partagé, la proximité et la mobilisation. Quand une communauté décide de prendre soin d’elle-même avec le réseau tout devient possible!
Expériences du midi – Coleadership entre le réseau de la santé et les municipalités au CISSS Lanaudière
Cas concret: au CISSS de Lanaudière, on a pris un virage vers une approche de coleadership entre le réseau de la santé et les municipalités. On améliore les soins et services et transforme les milieux de vie en agissant en amont sur les facteurs environnementaux et socioéconomiques. Résultat : une mobilisation durable des acteurs, une meilleure coordination et, surtout, une création réelle de valeur pour la population.